En bref

Le référencement du site d'une agence immobilière ne consiste pas à faire remonter ses annonces sur Google, c'est une bataille perdue d'avance face aux portails. Il consiste à sortir sur les recherches d'un propriétaire qui envisage de vendre : agence immobilière + sa commune, estimation, prix du marché. Cela se joue sur 3 pages que la plupart des sites d'agence n'ont pas, les pages communes, la page vendeur et la page estimation.

Le référencement du site d'une agence immobilière est probablement le sujet marketing sur lequel on entend le plus de conseils inutiles. On vous explique qu'il faut optimiser vos annonces, accélérer votre site, ajouter des balises. Pendant ce temps, le propriétaire de votre commune qui cherche à qui confier la vente de sa maison ne vous trouve nulle part. En Wallonie et à Bruxelles, la concurrence sur les recherches d'acheteurs est verrouillée par les portails, alors que les recherches de vendeurs sont souvent laissées libres à quelques rues de chez vous. C'est là que se joue votre référencement, et c'est de cela que parle cet article.

C'est quoi, le référencement du site d'une agence immobilière ?

Le référencement du site d'une agence immobilière, c'est le travail qui fait apparaître les pages de votre propre domaine dans les résultats Google quand quelqu'un de votre secteur cherche une agence, une estimation ou un prix de marché. Ce n'est ni le référencement de vos annonces, ni celui de votre fiche Google.

3 choses différentes sont en permanence confondues sous le mot référencement. Cette confusion coûte cher parce qu'elle fait travailler les agences sur le mauvais chantier.

  • Le référencement de vos annonces. Il se joue sur les portails, Immoweb en tête. Vous y payez déjà votre place, et votre site n'a aucune chance d'y faire concurrence.
  • Le référencement local. Il se joue sur votre fiche Google et sur votre présence dans le bloc de cartes. Nous lui avons consacré un article complet, le référencement local d'une agence immobilière.
  • Le référencement de votre site. C'est le sujet ici : les pages de votre domaine, leur contenu, et les recherches sur lesquelles elles sortent.

Les deux derniers se nourrissent l'un l'autre. Un site qui contient de vraies pages par commune renforce la cohérence de votre fiche, et une fiche bien tenue envoie du trafic vers votre site. Mais ce sont deux chantiers distincts, avec des actions distinctes.

Pourquoi votre site ne battra jamais Immoweb sur les annonces

Parce qu'un portail concentre des dizaines de milliers d'annonces, une audience nationale et un historique de domaine que vous ne rattraperez pas. Sur une recherche du type maison à vendre à Liège, la première page appartient aux portails, pas aux agences.

Selon le classement Similarweb des sites immobiliers belges, les sites les plus visités du secteur sont Immoweb, Zimmo et Immoscoop. Aucune agence indépendante ne figure en tête de ce classement, et ce n'est pas un hasard : ces plateformes agrègent l'offre de tout le pays, donc elles répondent mieux que vous à une recherche d'acheteur.

Le plus important, c'est que ce n'est pas un problème. Vos biens sont déjà sur ces portails, vous payez pour cela, et ils font le travail. Le vrai problème, c'est de dépenser du temps et du budget à essayer de concurrencer un canal que vous financez déjà.

Ce que vous ne trouverez jamais sur Immoweb, en revanche, c'est un propriétaire qui cherche à qui confier son bien. Cette recherche-là ne se fait pas sur un portail, elle se fait sur Google, avec le nom d'une commune. Et sur ce terrain, votre site peut gagner.

Les requêtes qui amènent un mandat, et celles qui n'amènent rien

Les requêtes qui amènent un mandat sont celles d'un propriétaire, pas celles d'un acheteur : agence immobilière + votre commune, estimation immobilière + votre commune, prix au mètre carré + votre commune, vendre sa maison + votre commune.

Il y a 3 niveaux de recherches qui n'ont pas du tout la même valeur pour une agence.

NiveauExemples de recherchesCe que ça vaut
Le vendeur choisit son agenceagence immobilière Herve, meilleure agence immobilière Namur, estimation immobilière gratuite Verviers, estimer sa maison WaterlooLe cœur. Quelqu'un sur ces recherches est à quelques semaines d'un mandat.
L'acheteur cherche un bienmaison à vendre Liège, appartement à louer UccleSecondaire pour le mandat. C'est le terrain des portails, et c'est du trafic qui installe votre notoriété plus qu'il ne remplit votre portefeuille.
Le vendeur se préparefaut-il rénover avant de vendre, quels documents pour vendre une maison en Wallonie, combien coûte un agent immobilierPour les agences déjà en ordre sur le premier niveau. Capte le propriétaire plusieurs mois avant le mandat.

D'après les audits que nous menons chez les agences de Wallonie, le gisement le plus sous-exploité n'est presque jamais la ville centre. Ce sont les communes limitrophes où l'agence a déjà des biens, mais aucune page : la concurrence y est bien plus faible, et un vendeur d'une petite commune cherche rarement en tapant le nom de la grande ville d'à côté.

Concrètement, une agence liégeoise qui couvre aussi Herstal, Seraing et Ans se bat inutilement sur Liège alors que 3 recherches bien moins disputées ne sont défendues par personne.

Vos pages de biens : le chantier qui ne sert à rien

Optimiser le référencement de vos pages de biens revient à investir dans des pages qui disparaîtront à la vente. Elles sont déjà publiées sur les portails, elles ne rapportent pas de mandat, et personne ne choisit son agence en tombant sur une annonce.

C'est le chantier qu'on vous proposera le plus souvent, et c'est celui qui sert le moins. Pour 3 raisons.

  • Leur durée de vie est courte. Une annonce vit quelques semaines ou quelques mois. Le temps que Google la prenne au sérieux, le bien est vendu et la page disparaît.
  • Le contenu existe déjà ailleurs. Le même texte, les mêmes photos et la même adresse sont publiés sur les portails, souvent avec plus d'autorité que votre site.
  • L'intention est mauvaise. Quelqu'un qui arrive sur une annonce veut ce bien précis. Il ne vous évalue pas comme agence, et il ne vous confiera pas la vente du sien.

C'est l'illustration exacte de ce qu'on répète ici depuis le début : dans ce métier, on en fait beaucoup trop sur des sujets techniques, et pas assez sur les quelques pages qui décident vraiment.

Une seule exception mérite votre attention, celle des défauts qui pénalisent le site entier et pas une annonce : des centaines de pages mortes qui renvoient des erreurs, un site illisible sur mobile, un temps de chargement qui plombe l'accueil et les pages de service. Là, ce n'est plus un sujet d'annonces, c'est un sujet de fondations, et cela vaut la peine d'être corrigé.

Les pages communes : votre meilleur levier, et son piège

Une vraie page par commune couverte est le levier de référencement le plus rentable pour le site d'une agence immobilière, à condition que ce soit une page éditoriale et non une simple liste de biens filtrée.

Voici le piège, et il est massif. La plupart des CRM immobiliers qui fournissent un portail web produisent automatiquement des adresses du type agence.be/a-vendre/liege qui affichent la liste filtrée des biens de la commune. Sur le papier, vous avez une page Liège. Dans les faits, cette page porte le même titre d'onglet, le même H1 et la même description que la liste générale. Google n'y voit rien de distinctif, donc il ne la positionne sur rien.

La vérification prend 10 secondes : ouvrez deux de ces adresses côte à côte et comparez le titre affiché dans l'onglet du navigateur et le grand titre en haut de page. S'ils sont identiques, vous n'avez pas de pages communes.

Une vraie page commune contient ce que Google ne trouve pas ailleurs et ce qu'un propriétaire du coin veut lire : l'état du marché local et ses ordres de prix, les quartiers et leurs typologies, les biens que vous y avez vendus, la personne de votre équipe qui couvre le secteur, un avis de client, et un appel à l'estimation.

Le second piège est plus sérieux, parce qu'il peut vous coûter votre visibilité. Générer une série de pages quasi identiques ciblant chacune une ville, dans le seul but de capter du trafic et de renvoyer tout le monde vers la même page de contact, porte un nom dans la documentation de Google : les pages satellites, classées parmi les pratiques de spam. Google vise explicitement les pages ciblant des villes qui entonnent les visiteurs vers une page unique, et les pages sensiblement identiques entre elles. Le moteur a d'ailleurs consacré une mise à jour dédiée à ce sujet.

La règle de bon sens qui évite les ennuis : si vous ne pouvez pas écrire 300 mots vrais, différents et utiles sur cette commune, ne créez pas la page. Mieux vaut 4 pages communes solides que 25 coquilles vides.

Dernier point, spécifiquement belge : si vous êtes actif à Bruxelles ou dans la périphérie, une version néerlandaise de ces pages n'est pas un luxe. Une partie de vos vendeurs cherche dans l'autre langue, et vos concurrents flamands, eux, y sont.

La page vendeur : celle qui manque à la plupart des sites d'agence

La page vendeur est celle qui transforme votre trafic en mandat. C'est aussi celle qui manque le plus souvent, alors que tout le chiffre d'affaires d'une agence dépend des propriétaires qui lui confient un bien.

Le menu d'un site dit immédiatement à qui il s'adresse. Dans les audits que nous menons, le cas le plus fréquent reste le site dont le menu ne parle qu'aux acheteurs : les biens, la recherche, les coups de cœur, le contact. Rien pour le propriétaire. Pour un métier dont toute la rentabilité dépend de l'entrée de mandats, c'est une anomalie qui se voit en une seconde.

Une vraie page vendeur répond aux questions qu'un propriétaire se pose avant de décrocher son téléphone :

  • Comment vous travaillez, étape par étape, de l'estimation à l'acte.
  • Ce que vous faites concrètement pour vendre, y compris vos supports et vos vidéos.
  • Vos délais moyens de vente sur le secteur, et ce que vous en faites quand ils dérapent.
  • Ce qui est inclus dans vos honoraires, ou au minimum la logique qui les détermine.
  • Des preuves : avis, biens vendus, témoignages de vendeurs et pas seulement d'acheteurs.

C'est aussi la page qui vous positionne sur les recherches du type vendre sa maison à + votre commune, confier un mandat, ou choisir son agence immobilière. Elle fait donc double emploi, acquisition et conversion, ce qui est rare et précieux. Les avis y jouent un rôle central : nous avons détaillé la manière d'en obtenir davantage dans notre article sur les avis Google pour une agence immobilière.

Et parce qu'un propriétaire vous compare aussi ailleurs que sur votre site, ce que vous publiez sur les réseaux pèse dans sa décision finale. C'est le sujet de notre article sur rentrer plus de mandats grâce aux réseaux sociaux.

La page estimation : là où les mandats se perdent

La page estimation est la page la plus qualifiée de votre site, parce que peu de gens demandent une estimation par simple curiosité. C'est aussi celle qui perd le plus de contacts, et la cause est presque toujours le formulaire.

Nous avons audité une page estimation de 160 mots équipée d'un formulaire de 16 champs obligatoires. Nom, prénom, téléphone, adresse complète, type de bien, superficie, année de construction, et le reste, tout cela réclamé avant d'avoir donné la moindre information en retour. Ce n'est pas un formulaire, c'est une porte fermée. Et le pire, c'est que l'agence payait pour amener du trafic dessus.

2 configurations fonctionnent, dans cet ordre.

  • Un outil d'estimation en ligne qui rend une fourchette immédiate, puis capture le contact pour affiner. Le visiteur reçoit quelque chose avant de donner quelque chose.
  • Un formulaire court, 5 champs obligatoires au maximum, posé sur une page qui argumente réellement : pourquoi une estimation d'agence vaut mieux qu'un simulateur, ce que vous regardez, en combien de temps vous répondez, et ce qui se passe ensuite.

Le test est simple et vous pouvez le faire ce matin : ouvrez votre page estimation et comptez les champs marqués obligatoires. Au-delà de 5, chaque champ supplémentaire vous coûte des contacts, et vous ne le verrez jamais dans vos statistiques parce que ces visiteurs partent sans laisser de trace.

Côté référencement, cette page cible estimation immobilière + votre commune, qui est la deuxième recherche la plus rentable du secteur. Elle mérite donc un vrai texte, pas seulement un formulaire posé sur une page blanche.

Comment vérifier votre référencement en 30 minutes

5 vérifications suffisent pour savoir si le site de votre agence immobilière travaille pour vous : votre position sur les 2 recherches vendeur, vos pages communes, votre page vendeur, votre page estimation et l'indexation de votre site.

Aucun outil payant n'est nécessaire. Ouvrez une fenêtre de navigation privée, vérifiez que vous êtes bien localisé en Belgique, et déroulez.

  1. Testez agence immobilière + votre commune. Notez si votre site apparaît dans le premier écran des résultats classiques, plus bas, ou pas du tout dans les 25 premiers. Recommencez pour chaque commune que vous couvrez réellement, pas seulement pour votre ville.
  2. Testez estimation immobilière + votre commune. Même méthode, et comptez au passage combien d'agences locales occupent cette page de résultats. Si 10 confrères y sont et pas vous, vous savez où partent les mandats.
  3. Ouvrez vos pages communes et lisez leur titre. Le titre d'onglet et le grand titre en haut de page. S'ils sont identiques d'une commune à l'autre, ce ne sont pas des pages communes, ce sont des filtres de recherche.
  4. Regardez votre menu, puis votre page estimation. Combien d'entrées de menu s'adressent à un propriétaire vendeur ? Combien de champs obligatoires compte votre formulaire d'estimation ?
  5. Tapez site: suivi de votre nom de domaine dans Google. Comparez le nombre de résultats au nombre de pages réelles de votre site, et vérifiez que vos pages communes, votre page vendeur et votre page estimation y figurent bien. Une page absente de cette liste n'existe pas pour Google. Les consignes essentielles de Google détaillent ce qui conditionne cette indexation.

Ces 5 vérifications donnent le constat. Elles ne donnent ni l'ordre dans lequel corriger, ni l'arbitrage entre ce qui rapportera un mandat dans 3 mois et ce qui n'en rapportera aucun. C'est exactement le travail de notre service Stratégie : un audit de votre référencement et de vos réseaux, une recommandation, une liste d'actions priorisée et un atelier de restitution dans vos bureaux. Si vous préférez d'abord poser le cadre général, notre méthode pour construire le plan marketing de votre agence vous donnera la vue d'ensemble, et notre audit de visibilité pour agence immobilière élargit ce contrôle à votre fiche Google et à vos réseaux sociaux.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour référencer le site d'une agence immobilière ?

D'après ce que nous observons sur les agences que nous accompagnons, il faut compter 4 à 6 mois pour voir bouger des recherches locales peu disputées, comme une commune de périphérie, et nettement plus sur une grande ville où 15 agences se battent. Les pages communes et la page vendeur sont les premières à bouger, parce que personne ou presque ne les travaille.

Mes annonces sont déjà sur Immoweb, à quoi sert encore mon site ?

Les portails vous apportent des acheteurs, votre site vous apporte des vendeurs. Ce sont deux publics différents avec deux besoins différents. Un propriétaire qui cherche à qui confier son bien ne passe pas par un portail, il tape le nom de sa commune dans Google et compare 3 agences. Votre site est le seul endroit où vous pouvez gagner cette comparaison.

Faut-il un blog pour référencer le site de son agence immobilière ?

Pas en priorité. Un blog sert le troisième niveau des recherches, celui du propriétaire qui se prépare plusieurs mois avant de vendre. C'est utile, mais uniquement quand vos pages communes, votre page vendeur et votre page estimation sont déjà en place. Publier des articles alors que votre site n'a aucune page destinée aux vendeurs revient à décorer une vitrine sans porte d'entrée.

Combien de pages communes faut-il créer ?

Une par commune que vous couvrez réellement et où vous pouvez écrire quelque chose de vrai et de spécifique : le marché local, les quartiers, vos biens vendus, votre équipe sur place. Si vous ne pouvez pas écrire 300 mots différents sur une commune, ne créez pas sa page. Une série de pages quasi identiques est une pratique que Google classe parmi les pages satellites, et elle peut vous pénaliser.

Faut-il une version néerlandaise du site d'une agence immobilière ?

À Bruxelles et dans la périphérie, oui, au moins pour vos pages vendeur, estimation et communes concernées. Ailleurs en Wallonie, c'est rarement prioritaire. La vraie question est de savoir dans quelle langue cherchent les propriétaires de votre secteur, et cela se vérifie commune par commune.

Par quoi commencer, le référencement du site ou la fiche Google ?

Par la fiche Google, parce que l'effort est plus faible et le résultat plus rapide sur les recherches de proximité. Le site vient ensuite et consolide durablement ce que la fiche vous rapporte. Nous avons détaillé ce premier chantier dans notre article sur le référencement local d'une agence immobilière.

Fabian Delhaxhe, fondateur de Verticalimmo
À propos de l'auteur

Fabian Delhaxhe

Expert en marketing et communication depuis plus de 20 ans, j'accompagne des clients du secteur immobilier depuis 2018. Entrepreneur et fondateur de Verticalimmo, j'aide les agences de Wallonie et de Bruxelles à obtenir plus de mandats, avec un marketing pensé pour les réalités du métier d'agent immobilier.